2ème édition du Baromètre d’image du logement social en France réalisé par TNS Sofres

Dans un contexte de campagne électorale, la 2ème vague du Baromètre fait apparaître un paradoxe : les Français reconnaissent le rôle indispensable des Hlm, mais ils en ont une image altérée et les exigences à l’égard des organismes Hlm se renforcent.

Les Hlm : entre filet de sécurité et marqueur de déclassement. L’explication de ce paradoxe est à chercher du côté de la crise du logement : combinée à la crise économique, elle érode petit à petit le pouvoir d’achat des ménages faisant ainsi monter chez eux la peur du déclassement social dont les Hlm deviennent le marqueur.

Le logement, une préoccupation grandissante pour les Français

Le logement est un sujet de discussion fréquent : un Français sur deux évoque régulièrement sa situation personnelle en matière de logement (63% des moins de 35 ans) et 60% parlent de la situation du logement en France souvent ou parfois. Et pour cause, en un an, la proportion de Français déclarant éprouver des difficultés à faire face à leurs dépenses de logement a augmenté de 10 points. Cette dépense est pour la très grande majorité des Français incompressible. Dans ce contexte, le recours à un logement social devient de l’ordre du possible : 17% des sondés (hors locataires Hlm) souhaiteraient d’ailleurs pouvoir y accéder aujourd’hui.

Aux yeux des Français, médias et politiques échouent à traiter la question du logement à la hauteur de leurs espérances. Echec d’autant plus intolérable que les Français restent convaincus à 70% que les politiques peuvent changer les choses en la matière. 91% d’entre eux jugent prioritaire de construire davantage de logements sociaux bien avant l’accès à la propriété et le développement de l’offre locative privée. 70% des Français veulent plus de logements sociaux, 86% souhaitent qu’ils soient répartis sur le territoire et ils sont plus nombreux que l’an dernier à vouloir qu’ils soient attribués à de larges catégories sociales (31%, +3 points par rapport à 2011).

Les Hlm, une solution indispensable mais de dernier recours

Les fonctions sociales et protectrices des Hlm sont toujours autant reconnues par les Français. 90% d’entre eux continuent de considérer le logement social comme un filet de sécurité indispensable. Pourtant même si 74% des Français estiment que les Hlm sont des lieux de vie comme les autres, 86% les envisagent en cas de difficulté. Ainsi dans un contexte de tension économique, le logement social devient un marqueur de déclassement social. Dès lors, comme pour mieux mettre à distance le déclassement probable, les projections se font plus négatives y compris dans les domaines dans lesquels les organismes Hlm enregistrent de bonnes performances, à l’image de la qualité architecturale et de la consommation d’énergie.

Toutes importantes pour les Français, les missions des organismes doivent être menées de front

Les Hlm sont reconnus pour leur capacité à offrir des logements d’un bon rapport qualité-prix. Pour conserver cet atout, il importe donc de garantir le cadre d’exercice du métier de bailleur social. Construire plus, poursuivre la réhabilitation et la rénovation de l’existant afin de détendre le marché, voilà ce qu’attendent les Français des Hlm. Notons ici qu’ils sont plus nombreux cette année à faire davantage confiance aux bailleurs sociaux qu’aux privés pour construire là où les besoins se font sentir (55%, +3 points par rapport à 2011). Nombreux sont ceux qui aujourd’hui  interpellent les Hlm sur leur mission sociale. 65% reconnaissent qu’ils sont plus attentifs aux difficultés sociales et financières de leurs locataires, mais ce sont aujourd’hui des actions claires en faveur du bien vivre ensemble qui sont réclamées.

Plusieurs pans altérés de l’image du logement social ne correspondent pourtant pas à une détérioration réelle de l’offre et du service Hlm (consommation énergétique, qualité architecturale, insonorisation, mission sociale…). Il faut donc de faire preuve de pédagogie à l’égard du grand public sur les missions des organismes Hlm. Pour autant les Français renouvellent l’expression de leurs attentes sur des sujets de grande importance à l’instar de la transparence des attributions. « En actionnant deux leviers : communication pédagogique et approche opérationnelle, nous contribuerons à faire en sorte que les Français ne voient pas les Hlm comme un marqueur de leur déclassement mais comme une bouffée d’air pour relancer leur parcours » conclut Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat.

 

Pour retrouver le dossier de presse complet, cliquez ci-dessous dans "Aller plus loin".

 

Méthodologie : 

Enquête réalisée par téléphone du 6 au 14 mars 2012 auprès d’un échantillon national de 1 000 personnes représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus et d’un sur-échantillon de 200 locataires de Hlm. Lors du traitement, les résultats de ces deux échantillons ont été agrégés et les locataires de logements sociaux remis à leur poids afin d’assurer la représentativité de l’échantillon.

Une question a été posée par téléphone les 26 et 27 mars 2012 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.

Enfin, deux questions ont été posées en face-à-face du 30 mars au 2 avril 2012 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales. Les évolutions se réfèrent au sondage TNS Sofres pour les Etats Généraux du Logement réalisé selon la même méthodologie du 27 au 30 mai 2011.