Architecture de la transformation : faire entrer la terre dans le logement en ville

Le Moniteur consacre un dossier aux 5 projets lauréats de l'appel à projets "Architecture de la transformation", lancé par la Caisse des Dépôts et l'Union sociale pour l'habitat.

"Jamais jusqu’ici nous n’avions eu l’occasion de travailler ensemble. Ce n’était pourtant pas la volonté qui nous manquait", raconte Pierre Payrard, Directeur du développement et du patrimoine de l’Office Public de l’Habitat (OPH) grenoblois Actis, au Moniteur. L'appel à projets "Architecture de la transformation" aura finalement permis au bailleur et à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Grenoble (Ensag) de collaborer.

Afin de produire des logements neufs en utilisant des matériaux plus responsables, le bailleur a souhaité expérimenter l'usage de terre crue dans ses constructions en s'appuyant sur les savoirs des laboratoires de recherche de l'Ensag. "Il n’était pas question d’envisager un usage structurel. Cela supposerait une épaisseur de murs trop grande pour des appartements et, dans les centres-villes où le foncier est rare, la perte de m² serait rédhibitoire. Nous avons donc travaillé sur une association avec une ossature bois", explique Maxime Bonnevie, de l'unité AE&CC, un des laboratoires de l'Ensag.

Un prototype de 230m² a été réalisé à Lyon, avant d'être installé à Grenoble. "Nous sommes arrivés à la conclusion que la terre sera plutôt à employer comme matériau de second œuvre, sous forme de panneaux ou en enduit, explique Maxime Bonnevie. De la sorte, une construction profite de ses propriétés en matière de confort hygrométrique et d’amortissement des ondes acoustiques", précise Maxime Bonnevie. Le prototype a ensuite été testé auprès des locataires d'Actis : "quelques familles volontaires sont venues. Et sont reparties convaincues", se félicite Pierre Payrard.

Economiquement, le bâtiment revient certes un peu plus cher (+8% pour l'ossature bois et +4 à 5% pour l'usage de terre), mais le bailleur se dit prêt à "consentir des efforts pour limiter l'impact carbone de [ses] logements". Il a même déjà en ligne de mire deux projets concrets pour mettre en oeuvre la terre dans ses constructions.