16.02.2015

Pierre Madec (OFCE) défend le système d'aides au logement

Réagissant au rapport de l'Igas, du CGEDD et de l'IGF, Pierre Madec, économiste à l'Observatoire français des études économiques (OFCE), rappelle que bien que perfectibles, les outils français de la politique du logement jouent un rôle indiscutable dans la lutte contre la pauvreté.

A l'heure où les difficultés des Français face au logement se sont accrues, et contre l'avis des 3 institutions que sont l'IGF, l'Igas et le CEGDD, Pierre Madec, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), rappelle ainsi l'efficacité des aides personnelles au logement : "Du fait de leur ciblage sur les ménages modestes, les aides à la personne constituent l'une des prestations sociales les plus redistributives. Leur impact sur le taux d'effort des allocataires (rapport entre les dépenses en logement et le revenu du ménage) n'est plus à prouver puisque, selon l'Igas, déjà auteur d'un rapport en 2012, elles permettent à elles seules de faire baisser de 3 points leur taux de pauvreté."

S'il reconnaît que cette efficacité s'effrite un peu et que les effets inflationnistes des APL ne peuvent être niés, il juge que ces effets pervers peuvent être endigués par une politique de construction ambitieuse.

Recommander une baisse des aides à la pierre, alors que celles-ci sont déjà en baisse depuis plusieurs années, dans un contexte où la production de logements abordables est la réponse la plus efficace à la crise du logement subies par les ménages les plus modestes, relève, selon lui, du paradoxe.

Il note que si économies il doit y avoir, ces dernières doivent être cherchées du côté du logement neuf "sous perfusion publique depuis vingt ans et pour lequel l'efficacité des aides publiques est pour le moins discutable". Il cite le "Scellier" qui pèsera sur les finances publiques jusqu'en 2027.

S'ils existent, les « gisement(s) d'économies » sont à chercher en priorité du côté du marché du logement neuf, sous perfusion publique depuis vingt ans et pour lequel l'efficacité des aides publiques est pour le moins discutable
du fait de leur ciblage sur les ménages modestes, les aides à la personne constituent l'une des prestations sociales les plus redistributives. Leur impact sur le taux d'effort des allocataires (rapport entre les dépenses en logement et le revenu du ménage) n'est plus à prouver puisque, selon l'Igas, déjà auteur d'un rapport en 2012, elles permettent à elles seules de faire baisser de 3 points leur taux de pauvreté
du fait de leur ciblage sur les ménages modestes, les aides à la personne constituent l'une des prestations sociales les plus redistributives. Leur impact sur le taux d'effort des allocataires (rapport entre les dépenses en logement et le revenu du ménage) n'est plus à prouver puisque, selon l'Igas, déjà auteur d'un rapport en 2012, elles permettent à elles seules de faire baisser de 3 points leur taux de pauvreté
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