10.11.2016

Plaine Commune Habitat assigne l'Etat en justice pour "rupture d'égalité"

Face à une insécurité croissante et suite à des démarches restées sans réponse, Plaine Commune Habitat a déposé le 3 novembre une requête au tribunal administratif de Montreuil.

Selon Localtis, Plaine Commune Habitat a alerté l'État à plusieurs reprises de "la détérioration incessante de la situation relative à la sécurité de ses locataires et de son personnel de proximité" (agressions physiques ou verbales, cambriolages, menaces, trafics divers, occupations illicites des parties communes et des espaces extérieurs des immeubles…).

En septembre dernier, il a même adressé une mise en demeure au préfet de la Seine-Saint-Denis demandant l'augmentation des effectifs de police.

Ces démarches étant restées sans réponse, c’est ce qui a conduit cet OPH (office public de l'habitat) à déposer le 3 novembre une requête au tribunal administratif de Montreuil dans laquelle il demande "d'annuler le refus du préfet de la Seine-Saint-Denis de porter à au moins 500 agents les effectifs de la Police nationale dans le commissariat de Saint-Denis et d'augmenter dans les mêmes proportions, les effectifs dans les autres commissariats situés sur le territoire de Plaine Commune".

Stéphane Peu, président de Plaine Commune Habitat, explique les raisons de cette procédure : "[…] nous ne pouvons et ne voulons pas abandonner nos locataires et nos collaborateurs. Comme tout autre citoyen, ils ont droit à la tranquillité et à la sécurité".

Il la justifie en indiquant que "Les effectifs sont en total décalage avec les besoins locaux. A Saint-Denis, on compte environ 1 policier pour 400 habitants (Ndlr : 290 policiers au commissariat de Saint-Denis). C'est deux fois moins que dans le 18e arrondissement dont la population est équivalente !"

Plaine Commune Habitat qui dispose d'un parc de 18.000 logements sociaux logeant 1 habitant sur 3 dans la ville de Saint-Denis a consacré près de 10% de son budget 2016 à la lutte contre l'insécurité (travaux de sécurisation, vidéo-protection, gardiennage, service dédié aux relations avec la police...).

Plaine Commune Habitat souligne également les effets collatéraux de l'insécurité (départ de commerces de proximité, refus d'intervention des prestataires de services, fermeture des services publics tels que des antennes de La Poste, de la CAF) qui laissent les habitants du territoire encore plus démunis."

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